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A quand une politique culturelle accessible à tous-tes ?

audience-868074_1280Tribune parue dans le Journal des Yerrois de Juin 2016

Depuis des années maintenant, nous sommes toujours dans l’attente d’une politique municipale qui rendrait la culture accessible à tous-tes.

Par sa programmation et ses tarifs, Yerres est une ville qui empêche bon nombre de jeunes (enfants, adolescent-e-s, adultes) les plus modestes d’accéder à la culture.

Quant à la création artistique, elle est bien peu représentative de la richesse de nos jeunes talents, pourtant fort nombreux sur notre territoire.

Nous avons maintes fois abordé cette question en conseil municipal. En vain.

Une seule de nos propositions semble avoir retenu l’attention de la majorité (CM du 14/12/15) : celle de faire de la Fête de la Ville une véritable Fête de la Musique comme la célèbrent nombre de communes à cette date. Nous avons suggéré que des scènes ouvertes et libres soient mises à la disposition de nos jeunes talents dépourvus de lieux pour se produire.

Nous avons aussi proposé que les artistes qui se produisent à la Fête de la Ville soient différents chaque année afin de laisser la place à de nouveaux talents issus de notre territoire.

Nous nourrissions aussi l’espoir que nos artistes locaux investissent les quartiers à cette occasion, comme le veut la tradition de la Fête de la Musique. Ainsi, tous nos quartiers pourraient être en fête : le Rond-Point Pasteur, les Arcades, les Rives de l’Yerres… etc. Cela permettrait également à tous les commerçant-e-s de fêter la musique, tout en fêtant la ville… Mais pas seulement dans le centre.

Par ailleurs, Yerres fait hélas partie des villes qui ne disposent d’aucun espace culturel dédié aux jeunes et aux plus modestes. Une seule place de spectacle au CEC coûte le même prix que plusieurs au Café Cultures de Draveil, au Plan de Ris-Orangis, au Rack’am de Brétigny-sur-Orge, à l’Agora d’Evry…etc.

Hélas, à quelques jours de la Fête de la Ville, il semble que celle-ci ne sera pas placée sous le signe de la nouveauté et de la jeunesse.

Elodie Jauneau

Yerres, ville fleurie (ce qui se cache derrière ce label)

Yerres ville fleurieLe concours des « villes fleuries » existe en France depuis 1959, et il sert à promouvoir le développement des espaces verts dans les villes. Par extension, cela revient à promouvoir aussi l’équipe municipale en place qui œuvre au fleurissement de la commune.

Autrement dit :

« Je fais du beau et du visible pour montrer que je m’occupe bien de ma ville et que je pense à votre bien-être. »

C’est l’arbre qui cache la forêt.

Ce concours est National et gratuit. Mais attention : c’est le concours qui est gratuit… pas les dépenses engagées pour « villefleuriser » la commune.

Les récompenses vont de 1 à 3 fleurs décernées par le Conseil Régional des Villes et Villages fleuris, et de 4 fleurs à 1 fleur d’or attribuées par le Conseil National des Villes et Villages Fleuris.

Il existe également un classement européen, baptisé « Entente Florale ». Mais il serait surprenant que Yerres concourt dans cette catégorie compte tenu de l’anti-européanisme affiché de Nicolas Dupont-Aignan, notre maire jardinier.

Passées ces quelques considérations d’ordre règlementaires, la question qui se pose à nous désormais, c’est :

« Quelles sont les réelles retombées économiques pour notre commune ? »

En effet, ce concours comporte plusieurs critères d’attribution :

  • Biodiversité, culture respectueuse de l’environnement.
  • Soutenabilité du fleurissement.
  • Motivation de l’’équipe municipale.
  • Démarches de mise en valeur par le végétal et le fleurissement sur l’ensemble de la commune.
  • Augmentation de la fréquentation touristique tout en améliorant continuellement cette démarche auprès de toute la population.
  • Mise en avant des moyens de gestion pour entretenir le patrimoine naturel tout en respectant la biodiversité.
  • Sans oublier toutes les autres actions d’embellissement et d’entretien de la voirie, des façades et du mobilier urbain (bancs, éclairages publics, poubelles, etc…)

Le tout en harmonisant les aménagements paysagers et la gestion sur la commune, cela va sans dire.

Comme on peut le constater, le principal et que cela soit visible au premier coup d’œil, tout en laissant tel quel les quartiers cachés, invisibles de la rue et des lieux de passage peu fréquentés.

C’est ainsi que se pratique le fleurissement de la ville de Yerres, à l’image de l’exposition de Nicolas Dupont-Aignan qui aime se montrer, se faire voir, s’exposer, prendre Yerres en exemple, tout en omettant soigneusement de dévoiler sa face cachée, celle qui se situe sous le vernis fleuri.

Mais combien coûte réellement cette mégalomanie jardinière ?

Dernièrement, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé une augmentation de 4 % de nos impôts locaux. Est-ce pour financer ce jardinage urbain ? Toutes ces dépenses orchestrées depuis tant d’années, n’auraient-elles pas été plus utiles dans des activités socio-éducatives et / ou culturelles plutôt que dans une politique « m’as-tu-vu » ?

Que ce cache-t-il, à termes, derrière ce paysagisme ?

Autant de question que nous sommes en droit de nous poser et de poser à la majorité municipale.

Ces fleurs qui s’affichent sur nos panneaux d’entrée de ville ont été obtenues grâce à nos impôts locaux.

Payons-nous pour vivre, certes dans une jolie ville, ou pour bénéficier de vrais services de proximité, dignes de ce nom ?

Quelles sont les vraies priorités de notre maire ? Faire du beau, du tape-à-l’œil, pour une population qui vit de plus en plus difficilement à cause de la surfiscalité yerroise ? Ou penser enfin à ses concitoyens, ceux qui ont voté pour lui et tous les autres ?

Denis Montarou