Front National

Ralliement de Nicolas Dupont-Aignan au FN: la lettre d’un Yerrois en colère

lettreMonsieur le maire,

Par voie de presse, j’apprends que vous aller écrire aux Yerrois.

En premier lieu, sachez que ma boite aux lettres n’est pas une poubelle.

Je n’ai que faire de vos justifications, je sais depuis longtemps que vous et le FN, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Mais maintenant ça a le mérite d’être clair.

Vos comptes de campagnes sont déjà suffisamment dans le rouge, évitez-vous des frais de postage.

Mais peut-être comptez-vous sur l’argent public de la municipalité ou de l’intercommunalité pour financer ce courrier?

Cela dit, je suis sans doute mauvaise langue. Peut-être que les frais de postage de ce courrier vont être pris en charge par le parti de Madame Le Pen.

Mais si vous prévoyez effectivement d’envoyer une lettre, ne l’envoyez pas uniquement aux Yerrois. N’oubliez pas de l’adresser également aux habitants des communes dont vous êtes le Député et de celles dont vous êtes le Président de la Communauté d’Agglo. Et ça fait beaucoup de monde.

De plus, si vous prévoyez effectivement d’envoyer une lettre, celle-ci se doit avant tout d’être une lettre d’excuses.

Un Yerrois en colère.

ps: si ce courrier devait arriver par voie électronique, je me ferais un plaisir de le classer dans les mails « indésirables », terme français qui vous va si bien, beaucoup plus parlant que SPAM.

Pourquoi le Front National peut gagner les prochaines élections grâce aux médias

FN presse médiasQuatre raisons principales expliquent les bons sondages du Front National :

  1. La situation économique et sociale du pays,
  2. le sentiment d’impuissance donné par les gouvernements successifs,
  3. l’écart entre les actes et les promesses des responsables politiques,
  4. et les affaires impliquant ces derniers.

En soi, ces raisons ne devraient pas suffire pour permettre à un parti xénophobe, réactionnaire et anti-européen de gagner des élections. Même en temps de crise. Mais un élément peut servir de catalyseur dans la conquête du pouvoir du FN, c’est la complaisance de la majorité des médias à son endroit, et ceci pour des raisons essentiellement mercantiles.

La situation économique du pays fragilise notre pays. Pour réduire le chômage, les Français se disent:

« On a tout essayé sauf le FN. »

Et maintenant que sa vitrine n’est plus incarnée par le père mais par la fille, apparemment plus présentable, pourquoi ne pas lui donner une chance ? Mais pourquoi si peu d’organes de presse se font l’écho des mensonges proférés par le FN notamment sur l’immigration ? Pourquoi les argumentaires anti FN, notamment sur ce qu’il adviendrait de l’Etat si ses propositions étaient mises en œuvre, ne sont-ils pas relayés par les médias ?

Seuls Médiapart et quelques médias confidentiels publient régulièrement des contre-argumentaires étayés aux propositions et aux mensonges du FN. Ainsi, au gros son de cloche vendeur du FN ne répondent aujourd’hui que des petites clochettes dispersées et inaudibles.

Par ailleurs, la majorité des médias ne cesse de répéter que l’écart entre les promesses des dirigeants politiques et leurs actes n’a jamais été aussi important. Pourtant, 52 des 60 propositions de François Hollande ont déjà été réalisées ou sont en voie de l’être. Mais qui le sait ? Si les médias n’en parlent pas, n’est-ce pas parce que la seule ligne éditoriale qui semble prévaloir aujourd’hui, la plus vendeuse, est le « Hollande bashing » (on ne sait plus d’ailleurs plus si c’est le « Hollande bashing » qui alimente les mauvais sondages ou si ce sont les mauvais sondages qui alimentent le « Hollande bashing ») ?

Ceci étant dit, à la décharge de la presse, c’est aussi parce que François Hollande, en mettant en œuvre des mesures « droitières » qui ne figuraient pas dans son programme et en s’accrochant à sa promesse d’inverser la courbe du chômage fin 2013, a accrédité l’idée aux yeux des Français qu’il fait des promesses qu’il ne tient pas et surtout que le PS, après l’UMP, est impuissant à sortir le pays de la crise. Malgré tout, la vérité devrait commander à la presse de faire état de toutes ces informations et pas seulement d’une partie d’entre elles, les plus favorables au « Hollande bashing », donc les plus favorables au FN.

Autre raison qui explique la montée du FN : les affaires. Alors que le FN totalise davantage de condamnations que tous les autres partis réunis, il n’est question dans la presse que de celles, certes lamentables, du PS et de l’UMP. Les Français ont-ils su, par exemple, avant les dernières Municipales, que 3 maires frontistes sur les 4 qui sont devenus maires en 1995 ont été condamnés ? Corruption, clientélisme, chasse aux sorcières… à Vitrolles, Toulon, Orange et Marignane, les municipalités frontistes ont laissé un bilan déplorable. Ce bilan a t-il été porté à la connaissance des Français pour les éclairer dans leur choix ? Mais non… Grâce au silence complaisant de la majorité des médias de masse, le FN a réalisé un très bon score aux Municipales et une majorité de Français pense aujourd’hui que les affaires sont essentiellement le fait d’élus UMP et PS.

Pour vendre davantage leurs publications, une bonne partie de la presse évite aujourd’hui de cultiver le sens critique et le discernement des Français et présente les informations de façon souvent tronquée, non-objective et non-contradictoire en relayant des thèses autant inexactes que scandaleuses, sans donner la possibilité à la vérité de se faire réellement entendre. En privilégiant la mise en exergue du spectaculaire, des scandales, des informations people, des petites phrases, des propos péremptoires et souvent inexacts, de nombreux Français assimilent aujourd’hui les islamistes radicaux aux musulmans, les musulmans à des non-Français, les chômeurs à des fainéants, les étrangers à des assistés (au détriment, bien sûr, des « bons Français » que l’Etat n’aide pas alors qu’eux payent des impôts…). Tout cela procède d’une même volonté de vendre du papier au détriment de la vérité, de la morale et de l’éthique, et au risque que les extrêmes en profitent lors des prochaines élections. Toute cette dialectique nauséabonde sur laquelle le FN fait commerce est malheureusement entretenue par un grand nombre de médias ou alors beaucoup trop faiblement dénoncée par eux.

La question est donc posée :

« Est-il possible de faire aujourd’hui une presse de masse économiquement viable qui soit non racoleuse, objective, contradictoire, une presse d’investigation qui informe vraiment, qui tire vers le haut, qui interroge, qui fait réfléchir ? »

Aujourd’hui, on peut malheureusement en douter quand on voit les Unes, qu’elles proviennent de médias quotidiens ou hebdomadaires, papier ou audiovisuels.

Alain Bétant

Nicolas Dupont-Aignan, un chef aux méthodes contestées dans son propre camp

Nicolas Dupont-Aignan contestéLettre ouverte aux Yerrois de bonne foi.

Lors de la campagne municipale on a souvent entendu que soutenir la liste de NDA, ce n’était être ni de gauche ni de droite.

Je ne partage pas ce point de vue. J’ai souvent dénoncé l’ambiguïté (notamment pendant les élections européennes) de Monsieur le Maire quant à son accointance avec le FN et ses valeurs… Surtout lorsque Nicolas Dupont-Aignan martèle à tour de bras qu’il est gaulliste.

La récente démission de Laurent Pinsolle (membre du bureau national de Debout la république) confirme malheureusement ce que l’opposition Yerroise au sens large dénonce depuis de longs mois.

Les raisons de la démission de Laurent Pinsolle (qu’il argumente lui même sur son blog) nous démontrent hélas que nous sommes dans le vrai encore plus que ce que nous pensions !

Le tableau dépeint par l’ancien porte-parole du parti est accablant :

  • Le parti ne sert qu’à l’ambition politique de Nicolas Dupont-Aignan qui ne laisse de place à personne d’autre que lui-même.
  • Le positionnement (rapprochement ?)vis-à-vis du FN est loin de faire l’unanimité au sein de son parti.
  • Le mode de fonctionnement interne du parti est loin d’être exemplaire.

Le président d’un parti qui proclame à qui veut bien l’entendre qu’il n’est « ni système, ni extrême » devrait peut être changer son argumentaire en : « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ».

Hélas! Qui peut croire qu’une personne soit fondamentalement différente selon qu’elle préside un parti ou qu’elle dirige une ville ? Pas moi en tout cas !

Stéphane Fabe