conseil départemental

Une rentrée au goût bien amer

rentree-yerresTribune parue dans le Journal des Yerrois d’octobre 2016

Pour les Yerrois-es, et pour l’ensemble des Essonnien-ne-s, la rentrée 2016 est placée sous le signe de la rigueur et de l’austérité. Après une hausse de 29% des impôts locaux décidée par la majorité de droite au Conseil départemental, et effective dès cette année, c’est toute une batterie de mesures toutes plus injustes les unes que les autres qui s’est abattue sur les Essonnien-ne-s :

  • Suppression de la prise en charge à 50% de la carte Imagin’R pour les lycéen-ne-s, à laquelle s’ajoute une augmentation tarifaire votée par le Conseil régional de droite,
  • Suppression de la carte jeune,
  • Fin de la gratuité pour les plus faibles revenus et augmentation pour toutes les familles des tarifs dans les cantines des collèges,
  • Dégradation des prises en charge des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées,
  • Arrêt du financement des emplois d’avenir,
  • Baisse du soutien aux Missions locales,
  • Diminution de 30% des crédits pédagogiques des collèges,
  • Dégradation de la trésorerie des établissements médico-sociaux,
  • Baisse drastique du soutien au monde associatif, sportif et culturel,

Le Conseil départemental justifie toutes ces mesures au nom d’une soi-disant faillite que lui aurait léguée la précédente majorité alors que tous les audits successifs ont affirmé que le Département de l’Essonne n’était pas en faillite.

Pire ! Cette même majorité a récemment adopté le compte administratif du Département… Excédentaire de 35 millions d’euros ! Où est donc passée la fameuse faillite ?

Qu’en conclure sinon que la majorité départementale a délibérément menti pour justifier toutes ces augmentations tarifaires et fiscales doublées d’une suppression et / ou d’une baisse de toutes les aides aux plus démunis ?

A toutes ces mesures injustes s’ajoutent une augmentation de 4% des impôts locaux de Yerres votée par la majorité municipale.

Non décidément, qui pour croire encore que la gauche et la droite, c’est pareil ?

Elodie JAUNEAU

Hausse des impôts départementaux: la colère à géométrie variable des élus du canton de Yerres

intox-tract-yerresAinsi donc Martine Sureau et Olivier Clodong s’insurgent contre la hausse de 29% d’augmentation pour la part départementale de la taxe foncière dans un tract récemment diffusé à Yerres et Brunoy.

L’inverse eut été pour le moins surprenant quand on sait qu’Olivier Clodong, 1er adjoint au Maire de Yerres, a voté, avec toute la majorité municipale, une hausse de 4% des impôts locaux et de toutes les prestations municipales dans une ville déjà écrasée fiscalement depuis 1995, à tel point que le magazine Capital la plaçait en 2013 sur la 1ère marche du podium des villes les plus imposées de France.

Passé le premier paragraphe de colère sélective de Martine Sureau et Olivier Clodong sans aucun doute « profondément choqués », la communication politicienne reprend le dessus en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Les voici tous les deux qui brandissent ce qui relève désormais de la légende urbaine, à savoir : une soi-disant faillite alors que le Département vient d’adopter un compte administratif excédentaire de 35 millions €, et des soi-disant factures impayées dont le montant change tous les quatre matins depuis des mois.

Et quelques lignes plus loin, Ô miracle, « en accord avec notre Député Nicolas Dupont-Aignan », ils se sont opposés à la hausse de 29% de la part départementale des impôts fonciers. Loué soit Nicolas Dupont-Aignan, 5ème de liste sur les affiches de campagne, et qui s’oppose à une augmentation d’impôts !

On croit rêver.

Néanmoins, frappés au coin du bon sens, Martine Sureau et Olivier Clodong proposent d’autres « gisements d’économies ». Ouf ! Ils sont donc d’accord avec le Groupe RGE (Rassemblement de la Gauche et des Ecologistes) : oui ! Un autre budget était possible.

Sauf que… Leur seul argument, leur seul contre-budget se résume à traquer davantage « la fraude aux aides sociales (RSA) » (dixit).

Dans la droite ligne de leur mentor qui a fait du RSA sa fixette quotidienne, il serait pourtant de bon ton de leur rappeler qu’à échelle nationale, si la fraude au RSA existe bel et bien, elle représente 52,3 millions € en 2014 contre 5 184 millions € non versés à des bénéficiaires du RSA qui n’en font pas la demande !

On pourrait aussi dénoncer la fraude des entreprises qui représente à elle seule plus de 20 milliards € par an (travail non déclaré donc pas de cotisations patronales, avantages en nature non déclaré, heures supplémentaires non déclarées, etc…) ou bien la fraude fiscale (Bercy vient de demander à HSBC de lui fournir la liste de nom de + de 40 000 noms de français ayant des comptes au Luxembourg non déclaré à l’administration fiscale), ou encore les entreprises et les grosses fortunes qui pratiquent l’optimisation fiscale à outrance….

Mais sans doute est-ce trop politiquement correct…

Afficher l'image d'origineSource : Départementales : le RSA, les assistés, les fraudeurs… et les autres

D’après un rapport du comité national d’évaluation du RSA et de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) de décembre 2011, « près de la moitié des éligibles au RSA n’en sont pas bénéficiaires ». La plupart du temps, ces personnes ne font pas les démarches pour obtenir ces

prestations tout simplement par manque d’information. Et si le scandale du RSA, c’était plutôt cela ? Ces sommes non demandées représentent 432 millions d’euros non versés, soit plus de 5 milliards sur une année.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer comment, à la seule échelle de l’Essonne, Martine Sureau et Olivier Clodong auraient pu proposer un contre-budget uniquement basé sur la traque aux fraudes aux aides sociales…

Elodie Jauneau

Nicolas Dupont-Aignan, François Durovray : tel père, tel fils !

dupont CD91On savait que M. Dupont-Aignan avait un culot d’acier, mais en écrivant cela, c’est du grand art ! En effet, qu’a fait son ancien bras droit M. Durovray si ce n’est suivre son exemple ? Et encore… M. Durovray, en arrivant à la tête de l’exécutif départemental, a plutôt joué « petit bras » en n’augmentant les impôts « que » de 29 % alors que M. Dupont-Aignan les avaient augmentés de plus de 40 % en arrivant à la mairie de Yerres. Plutôt que de critiquer M. Durovray par simple posture politicienne et démagogie électoraliste, M. Dupont-Aignan aurait dû être fier de voir son ancien élève suivre scrupuleusement son exemple, à savoir :

1) Augmenter fortement les impôts quand on arrive à la tête d’une collectivité en misant sur le fait que les contribuables auront oublié à la fin du mandat.

C’est ce qui s’est passé à Yerres alors que l’augmentation de plus de 40 % appliquée par M. Dupont-Aignan sur la taxe d’habitation se répète mécaniquement chaque année depuis 20 ans et a projeté les Yerrois parmi les plus imposés de France.

2) Invoquer la mauvaise gestion de ses prédécesseurs pour justifier cette augmentation.

En l’occurrence, M. Guedj, ancien président socialiste du Conseil Départemental, a aussitôt mis à mal toutes les accusations qui ont été portées contre lui et les budgets courageux qu’il a mis en œuvre durant sa présidence (courageux car intégrant toujours, malgré la conjoncture budgétaire difficile, une forte dimension sociale sans augmentation d’impôts). Rappelons-nous… il s’était passé la même chose à Yerres quand M. Dupont-Aignan avait accusé M. Lucas, son prédécesseur socialiste, d’être le responsable de l’augmentation de la taxe d’habitation, laissant croire que celui-ci était à l’origine des problèmes budgétaires de la ville, ce qui était complètement faux (et puis… il y aurait eu à l’époque d’autres solutions, plus favorables aux Yerrois, que celle d’augmenter les impôts comme l’a fait M. Dupont-Aignan).

3) Assortir ces hausses d’impôts d’une diminution des budgets de la culture, du social et de la jeunesse, les trois variables d’ajustement classiques de la droite.

En effet, pour la droite, diminuer les budgets des actions qui se voient peu permet d’augmenter ceux des actions qui se voient beaucoup : embellissement, caméras de surveillance, personnes âgées (qui, contrairement aux jeunes, votent), … Pour la droite, le paraître a toujours été plus important que l’être. Là encore il s’est passé la même chose à Yerres qui dispose aujourd’hui de budgets « peaux de chagrin », ridicules au regard d’une ville de 30 000 habitants, notamment en matière de culture, de social et de jeunesse.

4) Appliquer cette politique aux collectivités « amies ».

Ainsi, Montgeron, ville dont M. Durovray était maire avant d’être élu à la présidence du Conseil Départemental et de céder son fauteuil à sa 1ère adjointe, ne s’est pas contentée d’augmenter les impôts. La nouvelle maire LR a aussi réalisé des coupes importantes dans les domaines du scolaire, de la jeunesse et des dotations des services. Ben voyons !

Décidément… Celles et ceux qui, de bonne foi, pensent que la droite et la gauche c’est pareil, devraient consulter au plus vite leur ophtalmologiste. En attendant, avec M. Dupont-Aignan à la mairie et M. Durovray au Département, ce sera double peine pour les Yerrois jusqu’au jour où ils comprendront que le slogan « la douceur de vivre » donné à notre ville par M. Dupont-Aignan ne s’applique qu’à lui-même et à ses amis et que pour les autres, les chômeurs, les précaires et les jeunes, il s’agit plutôt de « la difficulté de vivre ».

Alain Bétant