Hausse des impôts départementaux: la colère à géométrie variable des élus du canton de Yerres

intox-tract-yerresAinsi donc Martine Sureau et Olivier Clodong s’insurgent contre la hausse de 29% d’augmentation pour la part départementale de la taxe foncière dans un tract récemment diffusé à Yerres et Brunoy.

L’inverse eut été pour le moins surprenant quand on sait qu’Olivier Clodong, 1er adjoint au Maire de Yerres, a voté, avec toute la majorité municipale, une hausse de 4% des impôts locaux et de toutes les prestations municipales dans une ville déjà écrasée fiscalement depuis 1995, à tel point que le magazine Capital la plaçait en 2013 sur la 1ère marche du podium des villes les plus imposées de France.

Passé le premier paragraphe de colère sélective de Martine Sureau et Olivier Clodong sans aucun doute « profondément choqués », la communication politicienne reprend le dessus en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Les voici tous les deux qui brandissent ce qui relève désormais de la légende urbaine, à savoir : une soi-disant faillite alors que le Département vient d’adopter un compte administratif excédentaire de 35 millions €, et des soi-disant factures impayées dont le montant change tous les quatre matins depuis des mois.

Et quelques lignes plus loin, Ô miracle, « en accord avec notre Député Nicolas Dupont-Aignan », ils se sont opposés à la hausse de 29% de la part départementale des impôts fonciers. Loué soit Nicolas Dupont-Aignan, 5ème de liste sur les affiches de campagne, et qui s’oppose à une augmentation d’impôts !

On croit rêver.

Néanmoins, frappés au coin du bon sens, Martine Sureau et Olivier Clodong proposent d’autres « gisements d’économies ». Ouf ! Ils sont donc d’accord avec le Groupe RGE (Rassemblement de la Gauche et des Ecologistes) : oui ! Un autre budget était possible.

Sauf que… Leur seul argument, leur seul contre-budget se résume à traquer davantage « la fraude aux aides sociales (RSA) » (dixit).

Dans la droite ligne de leur mentor qui a fait du RSA sa fixette quotidienne, il serait pourtant de bon ton de leur rappeler qu’à échelle nationale, si la fraude au RSA existe bel et bien, elle représente 52,3 millions € en 2014 contre 5 184 millions € non versés à des bénéficiaires du RSA qui n’en font pas la demande !

On pourrait aussi dénoncer la fraude des entreprises qui représente à elle seule plus de 20 milliards € par an (travail non déclaré donc pas de cotisations patronales, avantages en nature non déclaré, heures supplémentaires non déclarées, etc…) ou bien la fraude fiscale (Bercy vient de demander à HSBC de lui fournir la liste de nom de + de 40 000 noms de français ayant des comptes au Luxembourg non déclaré à l’administration fiscale), ou encore les entreprises et les grosses fortunes qui pratiquent l’optimisation fiscale à outrance….

Mais sans doute est-ce trop politiquement correct…

Afficher l'image d'origineSource : Départementales : le RSA, les assistés, les fraudeurs… et les autres

D’après un rapport du comité national d’évaluation du RSA et de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) de décembre 2011, « près de la moitié des éligibles au RSA n’en sont pas bénéficiaires ». La plupart du temps, ces personnes ne font pas les démarches pour obtenir ces

prestations tout simplement par manque d’information. Et si le scandale du RSA, c’était plutôt cela ? Ces sommes non demandées représentent 432 millions d’euros non versés, soit plus de 5 milliards sur une année.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer comment, à la seule échelle de l’Essonne, Martine Sureau et Olivier Clodong auraient pu proposer un contre-budget uniquement basé sur la traque aux fraudes aux aides sociales…

Elodie Jauneau

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